Rita Laurinaityte

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Artiste maquilleuse et instructrice en dermo-pigmentation et fondatrice de Baitic Brows Academy, distributeur de NPM International Lithuanie.

Mon nom est Rita Romo. Je suis née à Mažeikiai, un petit village de Lithuanie, Depuis ma tendre enfance dessiner a toujours été une passion pour moi. Ma prédisposition naturelle pour l’art et les mathématiques m’a ensuite permis de briller dans plusieurs concours d’art et ce, toute ma jeunesse. C’est en partie grâce à la fusion heureuse d’un certain talent pour les arts et les sciences que mon goût pour l’architecture s’est précisé. C’est à la prestigieuse Université de technologie de Kaunas que j’ai fait mes études en architecture. Reconnu comme la « Cathédrale » du monde de l’architecture et de l’ingénierie…c’est là que  je suis devenue architecte et ce malgré l’opposition réductive des architectes de renom qui composaient une grande partie de la  force professorale. La « Critique » faisait partie du quotidien et je ne m’en plains pas puisque j’ai moi-même adoptée la technique de « critique constructive » dans mon enseignement. Ceci…je l’espère…permet à mes étudiants d’atteindre leur plus grand potentiel.  Une bonne partie des deux premières années a été consacrée à l’étude de l’anatomie. Nous avons dessiné chaque muscle, chaque os, la peau, les rides, nous attardant aussi aux différentes colorations de peau…les ombres, la lumière et les reliefs, pour pouvoir saisir les lois des proportions humaines. Ces connaissances ont ensuite été transposées au monde de l’architecture car dans la création de buildings il faut toujours tenir compte des proportions pour en améliorer «l’esthétique ».  J’ai donc complétée mon bachaloréat et puis postulé pour un poste dans une prestigieuse firme d’architecture…un rêve pour une jeune graduée. Pendant deux années j’ai exercé mon nouveau métier à élaborer des modèles 3D de maisons et d’édifices publiques à l’aide de différents programmes en informatique. Cette fonction m’a rendue très heureuse car mon apprentissage se faisait dans les plus hautes sphères de l’industrie. La firme m’a même permis de continuer mes études en vue de l’obtention d’une maîtrise en architecture (2014). Ces deux années d’études combinées au travail furent éprouvantes mais l’heureux mélange de talent, d’études exigeantes et de travail   a nourris en moi « l’âme artistique». Malheureusement, lorsque je me suis retrouvée dans « la réalité », j’ai réalisé que la situation économique de la Lithuanie favorisait surtout l’élaboration de projets sans âmes et surtout sans art et moins coûteux. J’ai donc choisi de me consacrer corps et âmes à une carrière qui place l’art et l’esthétique à l’avant plan. Aujourd’hui je suis une spécialiste en maquillage permanent…en tricopigmentation et je me réjouis du bonheur que mon travail de correction procure aux clients affligés par leurs imperfections. Mes études et mon expérience en architecture sont devenues une richesse qui a catalysé la transformation que j’ai provoquée dans le monde du maquillage permanent. Je crois fermement que l’art et le maquillage permanent sont indissociables. Quand nous enseignons le maquillage permanent nous avons le devoir de transmettre aussi le sens artistique…notion que j’avais déjà à mon arrivée dans le monde du maquillage permanent. Les heures passées à aiguiser mon sens des proportions et à dessiner des corps, des visages, à faire des dégradés de couleurs et à pratiquer les mouvements de la main, m’ont permis d’adapter les notions que j’ai reçues en architecture au monde du maquillage permanent…deux mondes qui certes peuvent sembler très loin…mais pas pour moi!

Il y a quelques mois, j’ai reçu une opportunité en architecture à Dubaï, que j’ai refusée, j’ai préféré continuer ma route en maquillage permanent. Ceci est mon histoire et mon avenir réside là où ma destinée me guidera et me conduira.

En 2015 j’ai fondé Baltic Brows Training Academy qui attire de plus en plus d’étudiants désireux d’apprendre les rudiments du «microblading » ou les techniques pratiquées à l’aide de machines spécialisées (Ombre Brows) pour les sourcils, le contour des yeux, les paupières et la bouche en tricopygmentation. Nous enseignons en Estonie, Finlande, Norvège, Angleterre et États-Unis. Nous sommes accrédités par l’ABT (Associated Beauty Therapists) et Towergates en Angleterre. Présentement nous sommes à organiser des formations au Brésil et en Australie.

Je crois fermement que la marge entre l’art du maquillage et le maquillage permanent est très fine. Aujourd’hui les résultats obtenus en maquillage permanent sont de plus en plus apparentés aux résultats créés en maquillage « classique ». Aujourd’hui c’est la subtilité et le naturel qui sont recherchés… loin des résultats très visibles et quelque peu criards qu’il y a 5 ans. Ce résultat harmonieux facilite et permet « la retouche » au 12 ou 18 mois… un plus!

« Ombre Brows » est à la base une technique de dégradé de couleurs faites avec des fards ou des crayons à sourcils. Pour paraître plus audacieux, l’arche des sourcils est typiquement plus foncée, plus soutenue et se décline ensuite en dégradés de plus en plus doux pour créer la forme des sourcils et contribuer à l’effet de profondeur.

Je crois que la technique de « Ombre Brows » est la prochaine vague en maquillage permanent et que cette tendance prendra aussi très rapidement autant d’importance que fut la vague de « microblading»  (technique de mini incisions à l’aide de lames).  «Ombre Brows » répond à une croissante demande pour des résultats plus vifs que ceux obtenus par le « microblading » après la phase de guérison.

La technique d’ « Ombre Brows » peut se faire de deux façons.

A. En utilisant une machine de maquillage permanent

B. en utilisant un outil manuel avec des aiguilles spécialement conçues pour ce type de résultat. Dans ce cas aucun besoin de machine…seul le manche porteur et les aiguilles sont nécessaires.

L’apprentissage de qualité est un indispensable et essentiel et ce, peu importe la technique de votre choix. Le résultat des deux techniques est très similaire mais l’exécution est un peu différente. Les deux techniques sont faciles à apprendre. La technique manuelle par contre est plus longue à exécuter et au final les petits points sont plus visibles.

Les deux techniques nécessitent les mêmes précautions : un démaquillage minutieux, une prise de photo, le dessin de la forme, le test d’allergie et l’investigation médicale pour éviter tous faux pas, toute contre-indication versus le maquillage permanent. Cette technique est en contact direct avec le sang et la personne qui la reçoit doit y consentir consciemment.

Ai-je recours à l’anesthésie? Non, du moins pas les 2-3 premières minutes de l’intervention, ce qui me permet de « sentir » la peau. Certes, c’est un peu douloureux… mais je sauve ainsi beaucoup de temps. Une fois l’anesthésie locale faite, la peau est plus difficile à jauger. Elle devient plus dense et souvent glissante. Je suis une artiste et la peau est le canevas ou j’exerce mon art. J’aime être en symbiose avec mon médium. La plupart de mes clients disent que la technique de « Ombre Browns » n’est pas douloureuse. Avec un peu de doigté, les minutes passent très rapidement…une goutte d’eau dans l’océan d’une vie! Pour créer les sourcils j’utilise nos pigments inorganiques (la ligne de pigments de Baltic Brows). J’utilise la plupart du temps un mélange de caramel, toffee et cacao…et parfois, pour créer la partie plus sombre j’utilise toffee avec ebony.

Même si toutes les machines de maquillage permanent peuvent être utilisées efficacement j’aime utiliser la « Oron 60 » de NPM International. J’aime la variété d’aiguilles offertes, la précision qu’elle m’assure et le « modus operande » silencieux.

Le type de peau m’aide à choisir la vitesse d’exécution des mon travail (entre 140 – 170). Pour les sourcils « Ombre Brows » j’utilise ma favorite la « point 1 » qui m’assure un résultat de précision. J’aime aussi la « point 5 » qui elle, me permet d’aller plus vite. Le travail consiste en trois étapes que j’appelle couches.

La 1ere couche : tous les mouvements exécutés doivent être légers (non agressifs ) et le plus difficile à mon avis c’est de ne pas succomber à la tentation de tracer le pourtour de la forme. Tout doit être très doux. La main et donc l’aiguille doit passer de la position de 45 à 90 degrés. La peau doit aussi être légèrement étirée ce qui rend l’injection du pigment beaucoup plus facile. Tout doit être fait lentement, sans pression et avec précision. Les mouvements d’aller retour me permettent d’alterner l’angle (de 90 à 45 degrés) dans les coins. L’angle de 90 degrés entre l’aiguille et la peau permet au mouvement d’injecter efficacement le pigment dans la peau. Même si le résultat escompté est d’éviter de marquer les contours, la base du sourcils, par contre, gagne à être plus définie et linéaire ce qui confère à l’ensemble un plus grand contraste.

Lorsque la totalité de la forme a été faite (passage en 3 temps sur toute la forme) j’aime mettre un peu d’effort sur le dessin du début des sourcils. Pour ce faire le processus sera un peu différent mais avant cette étape je nettoie toute la région, sans faire de pression et j’applique ensuite un analgésique liquide puissant. Le Lipocaïn est l’ingrédient de base de cet analgésique et agit très rapidement. Au bout de 2 à 3 minutes, la peau est enfin prête pour la suite. Il ne faut pas s’inquiéter si le nettoyage de la région semble avoir affaibli le résultat de la première couche car l’analgésie active le pigment le rendant plus vif et visible. L’effet de l’analgésie dure toute mon intervention.

La 2e couche : nous pouvons continuer avec la même couleur que celle utilisée pour exécuter la 1ére couche. Maintenant que l’angoisse de perdre le dessin de la forme est éliminée, vous pouvez nettoyer le pigment après chacun des passages. Je fais cette fois, les deux sourcils avec la même couleur sans toucher le haut de la forme. Je le répète, il faut toujours éviter d’en faire trop…pour éviter de créer un effet de contour autour des formes des sourcils ce qui endommagerait l’effet d’ombre. Je pratique de 3 à 5 passages pour la deuxième étape, évitant le haut de la forme des sourcils. Chacune des situations (clients) nécessite une adaptation car tout dépend du type de peau. À titre d’exemple, le surplus de sébum de la peau grasse provoque l’expulsion des pigments avant que la guérison puisse fixer le pigment dans la peau. Il faut donc quelques passages de plus pour la peau grasse.

La 3e couche : pour cette dernière étape, j’ajoute de la couleur plus foncée à mon pigment qui a servi à créer la base (la 1ére + la 2eme couche). Le but visé, par cette dernière étape est de créer un certain contraste. Seule la partie inférieure des sourcils est visée… et je pratique quelques passages jusqu’à l’obtention du résultat désiré. Les mouvements d’application sont plus appuyés et à cette étape-ci l’effet plus linéaire est recherché. Seulement la partie inférieure des sourcils est visée par cette étape. Au final le résultat visible sera 40% plus fort que la version obtenue à la guérison.

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La méthode manuelle prend plus de temps à exécuter et est très différente de la technique à la machine mais elle est moins douloureuse. Cette technique est très facile à apprendre surtout pour ceux et celles qui font du « mycroblading ». À l’aide du manche porteur, muni d’aiguilles spéciales nous procédons à l’application. Deux sortes d’aiguilles existent : les rondes et les plates. Les aiguilles rondes donnent des points plus visibles. L’application s’exécute elle aussi en trois temps (3 couches). L’amorce de la forme des sourcils est toujours plus pâle et la partie du bas (la base) est toujours plus foncée, le tout en fondue et en dégradé vers le haut de la forme. Cette technique se nomme « tapping » (tapotement). Une fois l’aiguille bien installée dans le manche porteur, la procédure peut commencer en tapottant la peau par petits coups légers avec précision. Voici un exemple du résultat que vous pouvez espérer.

Explication des soins après la procédure.

Il est très important de savoir que peu importe la qualité du travail « l’après soin» peut complètement abimer et même détruire le résultat obtenu. J’avertit mes clientes que la cicatrisation est entièrement sous leur responsabilité. Les 10 jours qui suivent l’intervention sont cruciaux. La cicatrisation « à sec » n’a jamais été une option viable pour moi…plutôt… je recommande : la première journée, nettoyer doucement la région des sourcils à l’aide d’une eau stérile à toutes les heures suivi de l’application d’une fine couche de «Béphanten Plus» en crème. Ceci permet d’éviter la formation de grosses croutes. À partir de la deuxième journée, évitez l’eau et appliquer uniquement la crème 3 fois par jour.

Je préfère attendre 2 mois avant de faire des retouches ou des corrections. J’ai remarqué que cette attente permet à la peau de se cicatriser et de se reconstruire complètement et ainsi la peau saigne moins. L’effet de « Ombre Brows» a l’air très naturel une fois guéri. Le résultat ressemble à du maquillage normal. Lorsque la cliente désire un effet plus prononcé je pratique plusieurs « passages » en superpositions jusqu’à l’obtention de l’effet désiré. La plupart de mes clientes sont satisfaites du résultat premier mais souvent mes clientes plus jeunes aiment appuyer les sourcils un peu plus…correction qui correspond aussi beaucoup au goût du jour.

Le but de cet article est de démontrer que le maquillage permanent peut être d’aspect très naturel doux et attrayant en utilisant la technique d’ombre  «Ombre Brows». Cette technique simple permet de créer des chefs d’œuvres aux lignes qui s’estompent et qui durent longtemps après la procédure. Pour ce faire il faut respecter le points déjà soulignés plus haut. J’espère que mes confrères de l’art vont embrasser cette technique avec enthousiasme. Il faut penser en dehors des sentiers battus…osez être unique.

Traduit et adapté de l’anglais par Jacques-Lee Pelletier.